sexta-feira, 16 de março de 2012

La Forêt de Jonathas


Un jeune homme amazonien – et contemporain – observe pensivement les deux côtés du monde sauvage : le dedans (de la forêt insondable ) et le dehors (urbain, civilisé). Son regard semble perdu et crie pour quelque chose d'inconnu. Aux yeux du jeune Jonathas, 19 ans, vivre en famille dans une petite ferme de la zone rurale de l'Amazonie est si désolant et si irréversible que se perdre dans la forêt inexplicablement. 

Il y a quelque chose qui arrache « La Forêt de Jonathas » – long-métrage scénarisé et réalisé par Sérgio Andrade – du schéma « l'homme versus la nature » ; ce qui le pousse à s'épanouir est un typede              « suspense tellurique », tout le temps enveloppé de la perception du combien facile et menaçant il est    de devenir naufragé sur terre-ferme. Le récit aurait pu glisser vers un jeu prévisible de cache-cache. Nonobstant il aboutit dans une élégie, ou la description d'une espèce d'auto-exile. Jonathas vit un mûrissement critique et il paraît réagir en sachant presque tout ce qui lui arrive, et pourquoi cela lui arrive, il semble à la fois vouloir se perdre et apprendre.

Sérgio Andrade a visé à une production autoctone, où le défi de penser et présenter l'Amazonie par ses propres habitants obtient un parcours prometteur. Le générique apporte des codes vocaux et des références qu'à première vue semblent pas tellement compréhensibles pour le public brésilien, si habitué à d'autres accents. Cependant, ceci pourra être son grand atout : il fait du bien entendre quelles sont les inflexions à eux, ainsi que voir le gestuel d'un type inconnu et peu présenté dans lacinématographie brésilienne : l'homme venu du Nord. Il se peut que celle-ci soit une de rares tâches du public en voyant  « La Forêt de Jonathas » ; en fait plutôt une découverte qu'un défi. La réalisation esthète d'Andrade ramasse à son bénéfice le fruit de la mise en scène de visages inconnus. La fiction ne nous échappe pas dans aucun instant, même si la quête du réel ou du documentaire soit une source débordante. 

Quoiqu'il s'agisse d'une saga individuelle, il est difficile de positionner « La Forêt de Jonathas » dans un débat à propos de l'universalité ou les régionalismes ; il est curieux puisque c'est exactement ceci le sujet du film, ce drame de Jonathas : l'appartenance à un lieu ou à une croyance. Tout de suite, il nous paraît un filme universaliste, intensifié avec la présence d'un personnage étranger, Milly, joué par l'actrice ukrainienne Viktoriya Vinyarska. Mais on y voit gardé son séparatisme poétique :Jonathas parle souvent de sa région comme un endroit en dehors du Brésil, et il fait référence au pays en-dessous de la frontière de l'Amazonie comme « là-bas, au Brésil ». Il est impossible detrouver le Brésil dans une forêt qui devient personnage, qui gratte l'acteur, le mouille, le fustige. Il est trop difficile d'y avoir une nationalité. Il est indescriptible jouer la scène dans et avec la forêt, si bien photographié par Yure Cesar, mais à chaque crescendo du récit, nous pouvons au moins comprendre la vision de monde de « La Forêt de Jonathas », d'un monde sans frontières, sans contraintes, sans leçons. 

Nenhum comentário:

Postar um comentário